Bitschwiller-lès-Thann

Abbé Flota
curé

Prénom Nom
président du conseil de fabrique

Prénom Nom
Président de la chorale
A la découverte de l’église Saint Alphonse de Liguori de Bitschwiller-les-Thann
A l’entrée de la vallée de la Thur, l’église Saint-Alphonse de Liguori de Bitschwiller-les-Thann se dresse comme un symbole de la foi et de l’essor industriel du XIXe siècle. Son histoire, son architecture et son patrimoine religieux racontent la vie d’une communauté alors en pleine expansion.

Histoire : Une église née de l’essor industriel
Jusqu’au début du 19éme siècle, existait une paroisse unique pour Goldbach, Willer-sur-Thur et Bitschwiller-les-Thann ; l’église principale était à Willer, Bitschwiller disposait de la chapelle Saint Nicolas devenue insuffisante pour une population en développement.
C’est en 1835 que le Conseil Municipal de Bitschwiller-les-Thann décide de constituer une paroisse indépendante de celle de Willer-sur-Thur ; les usines implantées dans la commune (textile, fonderie et ateliers mécaniques) se développent avec la révolution industrielle ; la population va doubler en 25 ans en passant de 1 600 habitants en 1831 à 3 300 en 1856, à plus de 95 % catholiques alors que les familles des industriels sont protestantes. Il va falloir pourvoir à l’éducation morale et religieuse des nombreux enfants.
| 1836 | Réalisation des plans de l’église confiée à l’architecte colmarien Sassary qui avait déjà participé à la construction de l’église de Kruth. |
| 1838 | Début de construction de l’église, financée par la vente de biens communaux. |
| 1840 | Installation du premier curé de Bitschwiller-les-Thann ; choix du patron de la nouvelle église, Saint Alphonse de Liguori : un saint napolitain tourné vers les plus pauvres, qui venait d’être canonisé en 1839. |
| 1844 | Construction de la chapelle latérale |
| 1858 | Construction de l’orgue par Claude Ignace Callinet de Rouffach. |
Les travaux de finition vont se poursuivre jusqu’à la fin du 19ème siècle : peinture de l’intérieur de l’église, carrelage, construction d’une seconde sacristie ; l’ajout de la flèche sur le clocher terminer ce cycle de construction en 1899.
Source : Plaquette des 150 ans de la paroisse en 1988 par Jean-Pierre Gasser / Dessin d’artiste d’Huguette Holder
Architecture : Un style néo-classique

Nous voici devant le portail.
De plan allongé, l’église de style néo-classique faite de grès et d’enduit est d’une stature imposante.
La lumière pénètre dans l’édifice grâce aux douze baies situées sur les collatéraux.
L’église s’ouvre sur un large portail décoré d’un arc en plein cintre surmonté d’un fronton triangulaire en grès, sur les acrotères deux statues représentant les figures de la Foi et l’Espérance ornent la façade de laquelle s’élève le clocher à flèche polygonale.
Deux entrées latérales se situent sur la nef : l’entrée nord est protégée par un auvent soutenu par quatre colonnes.
Le chevet est d’ailleurs massif et de plan semi-circulaire, deux baies en demi-lune éclairent le choeur. La décoration du choeur est de style néoclassique avec une succession de pilastres à chapiteaux corinthiens.
(d’après Le patrimoine des communes du Haut-Rhin, tome II, Flohic éditions)
La nef et le choeur
Entrons dans cette église pour en voir la nef puis le chœur.

Derrière l’autel contemporain du chœur, se distingue le maître-autel d’origine (1838) placé dans l’abside : en marbre sculpté par les ateliers nancéens de Miller Thiry, il prend la forme d’un tombeau évasé avec un tabernacle encadré de petites colonnes et un retable avec tableau. Il est classé au titre d’objet historique depuis 1984 sous la référence PM68000023.


Derrière la croix de l’Autel, observons le tableau de Saint Alphonse peint par Henri Sassary, probablement de la famille de l’architecte de l’église. Ce tableau date de la construction de l’église.
Le tableau est classé au titre d’objet historique sous la référence PM68000534 avec la légende suivante :
Cette peinture à l’huile met en scène saint Alphonse de Liguori, évêque, accompagné d’un ange, est agenouillé : il lève la tête vers le coin supérieur du tableau d’où jaillit une lumière céleste.

Surplombant le maître Autel, ce moulage en plâtre peint et doré représente les figures bibliques de la Trinité : Dieu le Père, Christ glorieux, colombe (Saint Esprit) dans un nuage entouré de rayons lumineux.
La statue de la Madone du 14éme siècle (chapelle de gauche)

Cette statue de bois polychrome provient, selon la tradition orale, de l’ancienne chapelle à l’emplacement actuel de la pharmacie au croisement de la rue de la Chapelle et de la rue des Vosges.
Lors de la démolition de la chapelle en 1844, le mobilier et les objets de culte ont été dispersés. La statue s’est ainsi retrouvée dans une famille bitschwilleroise dont les descendants – la famille Hartmann – ont fait don à la paroisse pour qu’elle trouve sa nouvelle place dans l’église de Bitschwiller-les-Thann.
Datant du 14ème siècle, en bois de tilleul polychrome, la statue dégradée par le temps nécessitait une restauration qui a été menée à bien par le Centre de restauration et de conservation des œuvres d’art de Vesoul entre 2009 à 2011 ; les travaux ont été réalisés grâce aux dons et à la Fondation du Patrimoine.
Cette Vierge à l’enfant assise sur un banc, portant Jésus du bras gauche ; la particularité de cette statue est d’être creuse.
Cependant, un certain mystère demeure. On ne connaît ni son auteur, ni sa provenance exacte, plutôt « de l’aire géographique bâloise », estime Gilbert Poinsot, conservateur des monuments historiques. « Et à sa valeur artistique s’ajoute une valeur qui nous échappe, œuvre aidant les prières à s’élever vers le Père », pour le père Joseph Kuony, curé à ce moment de la communauté de paroisses.
Pour bien accueillir cette statue dans l’église paroissiale, la chapelle de gauche a été restaurée en 2011
A l’arrière de l’église :
Située à l’arrière gauche de l’église, côté gauche, cette Piéta repose sur un magnifique buffet.

Et côté droit, le baptistère et son décor peint rénovés en 2005

L’orgue Callinet

Au-dessus de la porte d’entrée principale, l’orgue construit en 1861 par Claude-Ignace Callinet domine la nef.
Joseph, l’aîné des frères Callinet, et Claude-Ignace, le cadet, ont travaillé ensemble entre 1837 et 1843. Après leur séparation, Claude-Ignace retrouva son indépendance, et put enfin échapper au conservatisme imposé par son frère. Il construisit des orgues plus proches de la facture contemporaine de son époque.
Le devis est daté du 12/06/1858, et l’orgue a été reçu le 02/02/1861.
L’instrument avait un grand orgue de 11 chapes, un positif de 8 chapes (dont une coupée en basse + dessus), et une pédale de 7 chapes de 25 notes.
Le buffet est composé de quatre tourelles et de cinq plates-faces.
L’orgue est inventoriée dans la base Palissy du patrimoine mobilier sous le numéro IM68001524.
Source : Orgues d’Alsace