12e dimanche du TO – A – Geishouse et Bitschwiller

 

12e dimanche du TO – A – Geishouse et Bitschwiller

La semaine dernière Jésus avait appelé les Douze apôtres pour les envoyer en mission. Aujourd’hui, Il leur donne une série de recommandations pour les préparer à ce qu’ils vont rencontrer. Il leur demande de ne pas avoir peur de la réaction des hommes, même si comme dans la 1ère lecture avec le prophète Jérémie, cela peut aller jusqu’à la calomnie, la dénonciation, la séduction et la revanche. Ce qui compte, c’est que le message de Jésus qui par moment a été dit de façon confinée, soit divulgué en pleine lumière et sur tous les toits. En somme, Jésus leur demande de passer d’une foi privée et secrète à une foi visible. Cette mission les apôtres la commenceront du vivant de Jésus et ils la déploieront après sa mort, à partir de la Pentecôte.

Pour nous chrétiens, ce ne sont pas les défauts des voisins qu’il faut mettre en lumière, mais la foi qui nous habite et le message de Jésus. Notre Bonne nouvelle, c’est quelqu’un : le Christ, qui est « la lumière du monde » (Jn 8, 12). C’est comme si Jésus nous disait : « Evangélisez et n’ayez pas peur ! Vous êtes plus forts que la mort et les ténèbres, vous annoncez la lumière ». Vient ensuite cette phrase étonnante : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. » Jésus nous montre que ce que nous avons à craindre, ce sont ceux qui chercheront à nous faire renier notre foi car de notre foi dépendra la vie éternelle. Dans la 1ère lecture, le prophète Jérémie fait la douloureuse expérience de ceux qui cherchent à le faire tomber : « Tous mes amis guettent mes faux pas ». Mais nous comprenons que ceux qui sont désignés comme des amis ne le sont pas vraiment.

La grande consolation du prophète, c’est que Dieu voit, Lui sait. C’est Lui le Juste Juge. Il sonde les reins et les cœurs. Dans la Bible, les reins sont l’organe de la conscience qui est chargée de faire le tri entre les idées justes et les idées injustes, entre les bonnes et les mauvaises actions. Le cœur quant à lui est l’organe de la volonté et de la décision. Parfois nous nous accommodons facilement avec le mal. Nous ne faisons pas assez le tri de nos pensées, de certaines paroles ou de certaines images qui petit à petit nous entrainent sur un chemin de mort spirituelle.

St Augustin reprochait à ses contemporains de ne pas prendre la mesure du drame de cette mort spirituelle. Nous pleurons certes sur quelqu’un qui vient de décéder car son cœur s’est arrêté, mais nous devrions encore plus pleurer sur quelqu’un qui est mort spirituellement à cause de ses péchés car ce n’est pas le cœur qui s’est arrêté de battre et l’âme qui s’est séparée du corps, c’est Dieu lui-même qui s’est retiré de son âme. La gravité d’une âme morte, c’est qu’elle s’est coupée de Dieu. C’est réellement la seule chose que l’on doit craindre. La Bible nous donne différents exemples qui nous permettent de faire la différence entre nos peurs et la vraie crainte de Dieu.

Il existe des craintes malsaines : comme lorsque les Israélites s’apprêtèrent à entrer dans la Terre promise, Moïse envoya 12 espions. Lorsqu’ils revinrent dix d’entre firent un compte rendu si pessimiste que les gens furent saisis de crainte et de découragement, au point de se révolter contre Moïse et de vouloir retourner en Égypte ! Un autre exemple nous montre au contraire que la crainte/le respect de Dieu fait naître en nous un courage pieux : lorsque les apôtres furent menacés de violence par les responsables juifs s’ils continuaient de prêcher, Pierre et les autres apôtres répondirent ceci : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. » (Actes 5, 29) Malgré les coups et l’interdiction de parler au nom de Jésus, mais ils refusèrent et continuèrent à faire ce qui est juste aux yeux de Dieu !

La confiance du prophète se termine par un cri de louange : « Seigneur de l’univers, c’est à toi que j’ai remis ma cause. Chantez le Seigneur, louez le Seigneur : il a délivré le malheureux de la main des méchants ». La louange est une façon de s’enraciner dans la confiance. Dans les Actes des Apôtres, lorsque Paul et Silas ont été emprisonnés dans la ville de Philippes, parce qu’ils avaient proclamé l’évangile, les deux apôtres ont prié et chanté les louanges du Seigneur (Ac 16, 25). Leurs chants et leurs prières confiantes firent l’admiration des autres prisonniers et provoquèrent la conversion du gardien de prison, son baptême et celui de toute sa famille.

« Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. » Ici, il faut comprendre le reniement avec la persistance jusqu’à la fin. Car nous voyons bien que Pierre qui a renié 3x Jésus n’a pas été dégradé dans ses fonctions mais a été reconduit. Ses larmes l’ont lavé de son reniement. « Il a confessé par ses larmes ce que sa langue avait déclaré ne pas connaître et le Seigneur lui avait fait miséricorde » (St Augustin)